Les Conférences du Jeudi

organisées par les bibliothèques et Christelle Kuhn, médiatrice du livre de la CCE.
Renseignements et réservations : ADEC au 04 71 03 49 99 ou par courriel. (Entrée : 3€)
( : détail des conférences)

 

 

Conférence du jeudi 4 février
à la médiathèque de Saint Vincent :

 

Le père dans le roman
français contemporain

 

Conférencier : Jean Marc Ghitti

 

Certes le sujet n'était pas très facile mais ce jeudi 4 février la médiathèque de Saint-Vincent a fait salle comble en invitant Jean-Marc Ghitti, et pour une fois la parité était de mise. Jean-Marc Ghitti est philosophe, il est l'auteur de plusieurs essais sur la famille contemporaine, et romancier.
En commençant son propos par la phrase célèbre d'André Gide « Famille, je vous hais ! », Jean-marc Ghitti entrait dans le vif du sujet : la déliaison dans la famille et le projet d'individualisation de la société.
Pendant plus d'une heure, devant un auditoire attentif, il a parlé de la figure du père dans le roman français, du père esseulé, du père évincé et voué à l'errance ou du père combatif. A travers des exemples puisés dans le roman contemporain il a montré la déchéance du père, le « meurtre » du Père tout puissant, la difficulté d'être père face à une mère omnipotente et il cite le livre de Jean Echenoz « L'occupation des sols », roman paru aux Editions de Minuit et qui parle de la perte, de la destruction du passé, de l'impossible reconstruction après la mort de la mère ; dès la première phrase, l'atmosphère s'impose «Comme tout avait brûlé – la mère, les meubles et les photographies de la mère –, pour Fabre et le fils Paul c'était tout de suite beaucoup d'ouvrage : toute cette cendre et ce deuil, déménager, courir se refaire dans les grandes surfaces. »
La plupart du temps l'écrivain lui-même se place dans la position de fils et non de père. Victor Hugo est sans doute le seul à poser l'écrivain en tant que père. Le conférencier a évoqué Pierre Michon qui dans son livre « le corps du roi » fait des références constantes à Victor Hugo. D'autres ouvrages ont étoffé son propos. Beaucoup d'auteurs ont convoqué la question du père, Gustave Flaubert, Honoré de Balzac qui a inventé de nombreuses figures paternelles, Alfred de Musset qui dans « Confession d'un enfant du siècle » parle de ces écrivains qui sont les fils abandonnés par des pères partis à la guerre (les guerres napoléoniennes), Louis Aragon, ancré dans sa position de fils, Franz Kafka qui dans « Lettre au père » s'adresse directement à son géniteur et lui réclame simplement le droit d'exister et Charles Péguy qui, lui, déclare que la paternité consiste à s'inscrire dans l'histoire et qui de ce fait dépeint un père qui s'engage et qui s'expose.
Parmi les contemporains, Jean-Marc Ghitti a cité, Michel Houellebecq, Patrick Da Silva, Hubert Voignier, Paul Auster, Pierre Présumey, Yves Bonnefoy. Il a terminé son exposé avec Pierre Michon qui aspire à reconstruire une image paternelle forte mais en même temps fait le constat de l'impossibilité à le faire. En conclusion on pourrait dire que si la position de père est impossible à assumer, l'écrivain a une véritable responsabilité et cette conférence éclairera autrement nos prochaines lectures.

Babeth Cultien

 
 

Une assistance nombreuse et participative,...
les discutions se prolongeant pendant la traditionnelle collation de fin de conférence.

 

 

 


 


Conférence du jeudi 25 mars à la salle polyvalente de Lavoûte :

Le Front Populaire fait son cinéma
entre espoirs et rancoeurs

Conférencier : Stéphane Pouille

 
 

Stéphane Pouille prévient directement les participants : rien à voir avec des événements politiques récents. Du reste cette conférence n'est pas à proprement parler, une conférence sur le Front Populaire, mais plus spécialement sur les liens entre une période historique et une production artistique.

Après avoir redonné quelques repères chronologiques sur cette période 36-37, qui a conduit à un gouvernement socialistes-radicaux, avec le soutien du parti communiste, Stéphane répond à la première question relative au thème de la conférence : Y-a-t-il des films directement liés au Front Populaire ? En fait non, mais beaucoup sont "baignés" par l'athmosphère de cette époque. Dans ces films, pas de rappels aux grands mouvements de grève, ni aux grands éxodes des premiers congés payés. Ce seront davantage les photographes qui les traduiront.

Stéphane développe son sujet, en projetant des extraits de 6 films :

- La Vie est à nous de Jean Renoir, "cinétract" du PCF,

   
   

- La bête humaine de Jean Renoir,
- Le jour se lève de Marcel Carné,
- A nous la Liberté de René Clair,
- Le Crime de monsieur Lange de Jean Renoir,
- La belle équipe de Julien Duvivier.

Il met ainsi en évidence 3 thèmes principaux :

- le travail, facteur de liberté, avec la dénonciation de la violence, l'affrontement classe contre classe, mais au cinéma les travailleurs français sont sages !

- la solidarité, l'accent mis sur la collectivité, source d'espoir, avec le rôle de la fête et de la nature ;

-« C'était une belle idée », un peu la conclusion que l'on peut tirer de cette période qui n'a vécu qu'un an, illustration de ce que l'on a appelé le « populisme tragique ».

Stéphane nous a du reste fait voter, comme à l'époque, pour choisir la fin du film « La belle équipe », et les participants ont entonné en coeur « Quand on se promène au bord de l'eau ». Merci Stéphane pour celle belle soirée instructive et distrayante.